La nature au fil des saisons - Juillet 2012

       
 
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Fumeterre (Fumaria officinalis)    
 
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Pigeons et tourterelles    
 
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Tourterelle des bois (Streptopelia turtur)    
 
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Tourterelle turque (Streptopelia decaocto)    
 
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La nature au fil des saisons      
           
      Fumeterre (Fumaria officinalis)      
      Ordre: selon certains papaveracées, selon d’autres Ranunculales famille: Fumariacées      
    Voici une plante originale par la forme et la disposition de ses fleurs !!! Elle a un port dressé, mais reste souvent basse et n’atteint pas sa taille maximale de 70 cm. « Mauvaise herbe », elle borde les champs, pousse aussi dans les friches. Elle forme des petits massifs. L’inflorescence en grappe est composée de 20 à 30 fleurs séparées. Elles sont en position horizontale. Chaque fleur se termine par un éperon en poche à l’arrière, les deux lèvres tubulaires constituent l’avant. La couleur varie du rose au pourpre et l’extrêmité est rouge foncé. Pour d’autres espèces proches, les lèvres sont blanches et se terminent par du rouge foncé. Les feuilles sont finement divisées et chaque foliole a un pétiole. Les nombreuses tiges désordonnées créent un effet vaporeux que les anciens ont comparé à la fumée, d’où son nom Fumeterre: fumée de terre. La couleur vert grisâtre contribue également à donner cette impression de fumée. Il existe de nombreuses espèces de fumeterre; une espèce proche, le fumeterre des murs (f.muralis) s’accroche aux murs de pierres (photo). La plante a des vertus dépuratives pour le foie, les reins et la vésicule biliaire. Elle est utilisée en association avec d’autres plantes (grande bardane, pensée sauvage). Elle soulage également l’eczéma et la conjonctivite. On trouve le fumeterre officinal un peu partout dans le village de mai à octobre.
 
       
 
 
 
 
 
 
 
   
           
   
      Pigeons et tourterelles :      
             
    Ils appartiennent à l’ordre des colombiformes et à la famille des columbidés. Dans notre village, le pigeon ramier, la tourterelle turque et la tourterelle des bois (Au printemps et en été) en sont les représentants. On peut aussi citer le pigeon biset « domestique » retourné à la vie sauvage, présent sous les ponts et sur le clocher de l’église. Lors de la migration on voit également en petit nombre le pigeon colombin qui se joint aux vols de pigeons ramiers. En Europe et Afrique du Nord, il existe trois autres espèces de pigeons et trois autres espèces de tourterelles.
 
             
      Le pigeon ramier (Columba Palumbus)      
 
         
    Son habitat d’origine est le bois, la forêt ; face à la déforestation on le trouve désormais partout où il y a des arbres: parcs et jardins y compris en ville. Ramier indique qu’il est inféodé aux arbres. « Palumbus » est conservé dans le nom qu’on lui donne dans le Sud-Ouest, la palombe. C’est le plus grand des pigeons. En vol, on l’identifie facilement à la tache blanche sur le cou et aux barres alaires également blanches. Il vit en couple à la saison de la reproduction. On peut alors assister à son vol de parade: il s’élève en claquant bruyamment des ailes puis se laisse glisser en planant droit devant lui. Le nid est une plate-forme de branchettes où la femelle dépose deux œufs blancs. (Cette couleur est réservée habituellement aux oiseaux qui pondent à l’abri des regards). Granivore, il nourrit ses petits avec une bouillie qu’il régurgite de son jabot. En dehors de la période de reproduction, il devient grégaire. On peut alors apercevoir des petits groupes sur les arbres et au dessus des boisements. Les pigeons ramiers nordiques sont migrateurs: des vagues au nombre impressionnant survolent alors la commune. En 2011 par exemple, juste un peu après l’aube, il est passé plus de 700 individus en une demi-heure. Leur destination: le Sud Ouest et l’Espagne.    
 
 
   
 
   
 
   
 
   
 
 
           
 
      Tourterelle des bois (Streptopelia turtur)      
 
         
   

Voici la plus belle et la plus sauvage des columbidés qui fréquente le village. Farouche, elle évite l’homme et c’est dans les endroits reculés qu’il faut la chercher. Son roucoulement continu (rououououououou-rououououououou-rououououououou) révèle sa présence et il faut alors la chercher dans les feuillages épais des arbres ou buissons. Son plumage est plus contrasté que chez sa cousine la tourterelle turque: les plumes des ailes sont jaune-rouille avec le centre noir ce qui lui donne un aspect « écaillé ». Comme le pigeon ramier, elle a une tache sur les côtés du cou, mais le blanc est rayé de noir, du plus bel effet ! C’est une estivante qui migre en automne dans une large bande au sud du Sahara qui va de la Mauritanie à l’Ethiopie. Elle vient se reproduire en Europe à la belle saison: ses œufs blancs déclinent une nuance rosée qui la différencie des autres columbidés. Elle construit une plateforme de brindilles dans un arbuste bas, près des champs. La base de sa nourriture est constituée de graines, notamment celles des différentes espèces de fumeterres (voir l’article concernant cette plante), mauvaise herbe qui pousse au bord des champs et dans les friches. Le nombre d’oiseaux est faible par rapport aux autres columbidés et ce pour deux raisons: l’habitat humain grignote son milieu de plus en plus et elle fait l’objet d’une chasse intensive à son passage de printemps dans le Sud Ouest de la France. Alors profitons du spectacle qu’elle nous offre avant qu’elle ne disparaisse !

   
         
 
           
 
 
 
   
 
   
 
   
 
   
 
 
             
       
      Tourterelle turque (Streptopelia decaocto)      
 
         
   

Son plumage café au lait n’est agrémenté que par un mince demi-collier noir à l’arrière du cou. C’est en vol qu’elle prend un peu de couleur: pointe des ailes chocolat, queue blanche à base noire. Son roucoulement est tri-syllabique (koo-KOO…ku) alors que celui du pigeon ramier se décline en cinq notes. Le chant permet d’identifier plus que la vue, surtout lorsque l’oiseau n’est pas visible ! Aujourd’hui partout présente, elle n’est arrivée en France que vers 1950. Elle a depuis continué sa progression jusqu’aux Pays Scandinaves. Originaire d’Inde, elle vivait dans les régions désertiques autour de la Turquie. C’est dire combien elle est endurante, aussi nos hivers ne lui font pas peur et elle se reproduit toute l’année même par temps « froid ». Peu farouche, elle vit auprès de l’homme et affectionne particulièrement les conifères que nous plantons dans nos jardins. Elle y bâtit un nid de brindilles en plateforme, et comme les autres columbidés y pond habituellement deux œufs blancs, parfois un. Les jeunes tourterelles n’ont pas le demi-collier noir des parents dans les premières semaines qui suivent l’envol. Le vol de parade ressemble à celui du pigeon ramier, mais se termine par un vol plané en demi cercle. Le couple fait preuve de tendresse en se bécotant mutuellement la tête, le cou et la nuque. La tourterelle turque est granivore. Elle se nourrit au sol et agrémente son régime alimentaire à la belle saison de quelques insectes, fleurs et bourgeons. Comme le pigeon ramier, à la mauvaise saison elle devient grégaire et on voit alors des regroupements d’oiseaux autour des fermes et dans les champs.

 
 
 
   
 
 
 
   
 
 
   
           
             
 
             
             
 
La nature au fil des saisons