La nature au fil des saisons - FEVRIER 2013

       
 
Février est le mois le plus détestable de l’hiver. C’est néanmoins le printemps qui s’annonce pour la nature: bourgeons qui pointent et nombre d’oiseaux qui effectuent le voyage de retour vers leurs lieux de nidification. Cette année, certains ont fait une halte migratoire dans les prés, prairies ou pâtures du Pacault. Dans la semaine du 10 au 16 février, 94 oies cendrées s’y sont posées et ont passé la nuit dans les pâtures de la Cobarderie. Dans celle du 18 au 23, une cigogne blanche s’y est nourrie.
 
       
  - L’huîtrier-pie (Haematopus ostralegus)    
 
- Canard chipeau ( Anas strepera)    
    - Le moineau friquet (passer montanus)    
    - Pinson du Nord (Fringilla montifringilla)    
    - Le lierre (Hedera helix)    
    - La cigogne blanche (Ciconia ciconia)    
         
         
 
La nature au fil des saisons      
           
      Canard chipeau ( Anas strepera)      
      Ordre : Ansériformes- Famille : Anatidés
    Le canard chipeau est un canard de surface comme le canard colvert. Rappelons qu’il existe trois groupes de canards : les canards de surface qui se nourrissent depuis la surface, les canards plongeurs qui trouvent leur nourriture dans les eaux plus profondes et les canards marins qui se nourrissent de poissons. Il fréquente les eaux douces : étangs, lacs avec roselières et îlots boisés. Beaucoup d’oiseau passent l’été en Europe de l’est, mais migrent en hiver vers l’Europe occidentale. Ses zones de présence continue sont très clairsemées et très réduites. Notre région en est une, mais le nombre d’oiseaux reste modeste. Son plumage discret le laisse souvent inaperçu. Lorsque la lumière devient plus importante on découvre alors un plumage gris finement vermiculé pour le mâle, la femelle ressemble à celui du canard colvert.
 
     
           
 
 
 
 
 
   
 
 
 
   
             
         
      Le moineau friquet (passer montanus)      
      Ordre : Passériformes -Famille : Passéridés      
    Le nom des oiseaux remonte souvent au passé lointain et fait souvent référence à la vie quotidienne. Pour les moineaux le nom français date du XIIème siècle. Dans moineau, il y a moine et vous avez fait le rapprochement entre les couleurs de l’oiseau et l’habit monastique. Quant à «friquet », plusieurs versions, la plus plausible faisant allusion à la vivacité, donc « d’oiseau remuant ». Les deux espèces vivant dans notre village (sur les huit en Europe) sont le moineau domestique et le moineau friquet; le premier est citadin et le second exclusivement campagnard. Pour le distinguer du moineau domestique, il faut remarquer sa calotte chocolat clair et deux taches noires aux joues. Les deux sexes sont identiques. Le moineau domestique a la calotte grise (mâle) et la femelle a un aspect gris-sale sans blanc aux joues. Le moineau friquet se nourrit de graines de petites plantes, d’insectes, qu’il cherche à même le sol. L’hiver, il fréquente volontiers les points de nourrissage: cette année j’en ai eu un maximum de huit aux boules de graisse. Je me dis que j’ai beaucoup de chance, car comme toutes les espèces vivant à la campagne, cette espèce autrefois commune devient de plus en plus rare. Sa raréfaction est surtout due à son mode de nidification. Il niche dans les cavités naturelles (vieux arbres) ou artificielles (sous un toit ou dans un vieux mur). De plus, il niche en colonies, donc les trous doivent être nombreux et rapprochés. Hors, les vieux arbres sont quasi inexistants et les habitations modernes de mieux en mieux isolées. Je vous laisse le soin d’apprécier la chance que nous avons d’en avoir encore quelques uns dans le village ! Une autre cause de son déclin est la raréfaction des dites « mauvaises herbes » qui constituent sa principale source de nourriture. Son aire de distribution est géante: elle couvre l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord jusqu’aux confins les plus nordiques. C’est peut-être l’espoir que cette espèce menacée ne disparaisse pas complètement ?
 
     
   
 
   
 
 
 
             
 
             
 
   
 
   
 
 
           
 

           
 
    Pinson du Nord (Fringilla montifringilla)
      Ordre : Passériformes- Famille : Passéridés      
    C’est un hivernant visible dans nos campagnes d’octobre à avril. Ses couleurs sont malheureusement moins vives et différentes de l’été. C’est néanmoins un oiseau encore bien coloré en hiver. S’il diffère du pinson des arbres par ses couleurs, il lui ressemble en tout point par sa taille et ses comportements. En été il vit dans les conifères des pays de l’Europe du Nord ou dans les bouleaux des hauteurs scandinaves. Il se nourrit de graines, mais aussi d’insectes au printemps et en été. En hiver, il privilégie les faines de Hêtre lorsqu’il en trouve. Plutôt farouche, il fréquente toutefois les mangeoires en compagnie de son cousin, le pinson des arbres. Les différentes photos montrent les différences entre les deux espèces et entre les deux sexes.
 
 
         
 
 
 
   
 
   
 
   
 

   
 
   
   
   
   
   
   
   
 
 

 

     
      Le lierre (Hedera helix)      
      Ordre :Apiales -Famille : Arialacées      
   
Montant ou rampant, il pousse même à l’ombre ! Toujours vert, ses jeunes feuilles sont triangulaires à trois ou cinq lobes. Les feuilles plus près des fruits sont ovales et sans lobe. Elles s’épanouissent de septembre à novembre; cette floraison tardive fait le bonheur des insectes butineurs et notamment des abeilles. Elles se présentent sous forme de bouquets sphériques jaune-vert. Les fruits mûrissent donc très tardivement aussi, de janvier à février, et sont une aubaine pour les oiseaux qui n’ont plus grand’ chose pour se nourrir à pareille époque. D’abord verts, ils brunissent pour devenir finalement « noirs ». Le lierre est une sorte de liane, sans doute d’origine tropicale, qui aurait survécue aux changements climatiques, et qui aurait malgré tout conservé son cycle de reproduction, d’où le décalage dans nos saisons actuelles.
   
       
       
       
       
         
 
         
 
         
 
         
 
         
 
         
         
         
       
         
      La cigogne blanche (Ciconia ciconia)      
      Ordre : Ciconiiformes-Famille : Ciconiidés      
    Même si l’émotion qu’elle suscite est exceptionnelle, son observation est pratiquement annuelle. C’est plutôt le fait qu’elle se soit posée qui est intéressant : à chaque fois qu’une mare temporaire se crée cela agit comme un aimant sur les oiseaux des milieux humides, car s’est une source de nourriture providentielle. Les pluies continuelles de 2012 ont inondé les prés et pâtures du Pacault. Lombrics et autres invertébrés remontent et notre cigogne ne s’est pas trompée. Elle s’est arrêtée, l’espace d’un après midi pour reprendre des forces avant de poursuivre son voyage de retour. Le qualificatif : blanche sert à la différencier de la cigogne noire, car toutes deux sont noir et blanc. Elle est noire uniquement sur le bord postérieur des ailes, alors que sa cousine est blanche seulement au ventre. Elle se nourrit de grenouilles, insectes, vers, petits mammifères, oisillons etc. Le vol local est un vol battu, mais pour la migration elle utilise le « vol à voile » et le vol plané. Pour cela, elle utilise les ascendances thermiques de l’air (avant la fin de l’été) puis se laisse planer vers l’ascendance suivante. Elle économise ainsi ses forces pour effectuer le long voyage vers l’Afrique. C’est l’oiseau emblématique de l’Alsace qui construit son nid sur la cheminée des maisons. En d’autres endroits, il bâtit son nid de branchages sur des poteaux, des clochers, parfois des arbres (Depuis deux ans, un couple niche aux alentours de Saint Venant). La cigogne blanche est l’oiseau qui a connu le plus fort déclin au XXème siècle, même si en France et en Espagne la tendance semble inversée. Les causes sont liées principalement à la disparition des lieux d’alimentation et de reproduction mais aussi aux collisions et électrocutions avec les lignes électriques. Il faut y ajouter l’emploi des pesticides qui empoisonnent insectes et rongeurs et la contamine par ingestion de ses proies.
   
         
 
   
 
   
 
   
 
   
 
   
       
         
             
      L’huîtrier-pie (Haematopus ostralegus)      
      Ordre : Charadriiformes-famille : Haematopidés      
   
L’huîtrier-pie est le seul représentant de sa famille en France sur les onze espèces de par le monde. Son nom indique qu’il consomme des coquillages bivalves : moules et coques surtout. Son bec lui permet de les ouvrir et de couper le muscle qui relie les deux valves. Il lui arrive de les marteler aussi. Il consomme également des mollusques (littorines), des crabes et des vers marins. Dans les champs côtiers, il mange vers de terre et insectes. Le second terme, « pie » signifie noir et blanc comme la pie bavarde. Cet oiseau marin est rarement observé à l’intérieur des terres. C’est pourtant ce qui m’est arrivé le 12 février du côté du Pont d’Hingette. Probablement un individu de retour vers les Pays-Bas ou l’Angleterre, car la population française est sédentaire. Elle se reproduit du Dunkerquois à la Gironde de façon discontinue (Pas le long des falaises normandes par exemple) et sur le pourtour méditerranéen français (80% des couples, en Bretagne).En hiver c’est le littoral picard qui attire le plus grand nombre d’oiseaux (7340 oiseaux dénombrés en janvier 2009).Les populations des pays cités précédemment sont en partie migratrices. Elles quittent leur pays d’origine en septembre pour revenir en février/mars.
 
         
 
   
 
         
 
         
         
 
 
 
 
La nature au fil des saisons