La nature au fil des saisons - AVRIL 2013

       
 

 
  - Cornouiller mâle (cornus mas)    
  - Robert- le- Diable (Polygonia c-album)    
 
- Le merle noir (Turdus merula)    
    - Véronique de Perse (Veronica persica)    
    - Lichen et mousses    
         
         
         
         
 
La nature au fil des saisons      
           
             
      Cornouiller mâle (cornus mas)
      Ordre : Cornales-famille : Cornacées
    Espèce européenne d’origine méditerranéenne orientale, on le trouve en France. Il affectionne les sols calcaires et craint les sols argileux compacts, les photos ont été prises le long du bassin VNF 55. Les fleurs jaunes apparaissent normalement en février, cette année en avril. Leur disposition en ombelles forme des petites boules qui évoquent le mimosa sans la verdure, car les feuilles n’apparaissent que plus tard. Ces feuilles sont ovales, simples, le bord est denté et les nervures également arquées. Les fruits (cornouilles) sont mûrs fin août, début septembre. Ce sont des drupes rouges. Cet arbuste profite à beaucoup de monde : les fleurs précoces sont mellifères pour le plus grand bonheur des abeilles car, comme les chatons de saules marsault, disponibles très tôt en saison. Le lièvre (et le cerf en d’autres région) apprécie ses feuilles. Quant au fruit, les oiseaux s’en font un régal à l’automne. Pour l’homme, cultivé, il fournit une confiture ou un vin de cornouille. Son bois, dur comme la corne (cornus en latin) a été utilisé pour la fabrication de flèches, javelots et objets divers. Dans tous les cas, il offre à cette saison encore « tristounette », un spectacle coloré qui réchauffe le regard et le cœur.
 
     
     
           
 
 
 
 
             
       
 
             
      Robert- le- Diable (Polygonia c-album)      
      Ordre : Lépidoptères-Famille : Nymphalidés      
   

Commun de février à octobre, ma première rencontre a eu lieu le 7 avril avec un individu qui a hiberné et survécu au long hiver glacial que nous avons connu cette année. L’espèce produit deux générations par an: une première fin mai, plus pâle que la seconde qui apparaît à partir de juillet. Ce sont les individus de cette génération qui passent l’automne et l’hiver que nous pouvons observer à cette époque. La survie de cette espèce dépend donc de la survie des imagos de seconde génération. Les plantes-hôtes fréquentées par les chenilles sont nombreuses: orties, houblon, noisetiers, framboisiers, groseilliers, saules, ormes champêtres, etc… Son identification est facile: il a les ailes très découpées de couleur fauve-orangé vif sur le dessus. Repliées elles sont couleur « feuille morte »avec une tache blanche en forme de « C »(c-album en latin). On le rencontre dans tous les milieux boisés jusqu’aux jardins. En début de saison, il aime se poster sur les plantes et se chauffer au soleil: c’est le moment le plus favorable pour le photographier, car le reste de l’année il a un vol vif et se montre très remuant ! Un vrai petit diable en quelque sorte.
 
     
   
 
   
 
 
 
 
             
 

       
 
 
    Le merle noir (Turdus merula)
      Ordre : Passériformes-Famille : Turdidés      
   
Pourquoi qualifier de noir un oiseau qui est de toute évidence noir ? En ornithologie l’indication de la couleur est utilisée pour différencier des oiseaux qui ont le même nom. En l’occurrence ici, pour le distinguer du merle à plastron ou du merle bleu. Il en va de même par exemple pour la cigogne blanche et de la cigogne noire ou encore de la corneille noire et de la corneille mantelée. Pour le merle, la période de reproduction est commencée. On peut voir des mâles se « voler dans les plumes ». Ils s’élèvent en se donnant des coups de bec, d’ailes et projettent leur griffes vers l’adversaire. Lorsque le couple est formé, la femelle bâtit une coupe avec les matériaux que le mâle lui apporte. Elle y pond 3 à 6 œufs bleu/vert tachés de brun. Le nid se situe dans une haie ou un arbuste à hauteur d’homme. Les jeunes naissent au bout de 12/13 jours. Ils y séjournent 15 jours. Le reportage photos commence à ce stade, car les photos aux nids sont condamnables moralement et pénalement. Les deux parents nourrissent les jeunes qui volent encore mal pendant trois semaines. C’est la période de tous les dangers pour eux. Ils ne ressemblent pas beaucoup aux parents. Les oiseaux juvéniles ont par la suite un plumage qui rapproche celui de la femelle. En automne et pendant leur premier hiver, le plumage s’assombrit, le bec est également sombre, il reste du brun aux ailes. A un an, le plumage est presque celui de l’adulte. Le merle capture des vers de terre en les tirant hors du sol à l’aide de son bec puissant. Il retourne aussi les feuilles mortes pour surprendre les insectes qui s’y cachent. Il consomme également des baies en automne/hiver. L’été, il aime prendre des bains de soleil, ailes écartées et souvent, bec ouvert.
 
 
         
 
 
 
   
 
   
 
   
 

   
 
   
 
   
 
   
 
   
 
 

 

   
 
      Véronique de Perse (Veronica persica)      
      Ordre : Scrophulariales - Famille : Scrophulariacées      
   
C’est la fleur du moment, on la rencontre partout ! C’est surtout le nombre de fleurs qui attire le regard plutôt que sa taille modeste. Ce nombre fait qu’elle supplante les autres espèces qu’on a du mal à trouver. Comme son nom l’indique, ce n’est pas une espèce indigène; introduite en Europe, elle est connue au moins depuis le XIXème siècle. La fleur est d’un joli bleu et a quatre pétales. Celui du bas est plus petit et souvent plus clair et même blanc. Celui du haut est, lui, plus large et les deux latéraux de même taille. Ils sont veinés de bleu/violet plus sombre. Les feuilles sont grossièrement dentées et couvertes de poils : à l’œil nu cela ressemble à un duvet blanc, mais au microscope de poche les poils ressemblent plus à des dards translucides. La tige souvent rougeâtre est elle aussi recouverte de poils. Lors des hivers doux, la plante peut fleurir toute l’année, habituellement de février à octobre. Il a fallu attendre avril cette année et la Véronique de Perse fait figure de pionnière. Autres espèces: Véronique petit-chêne, Véronique des ruisseaux, Véronique rustique, Véronique officinale et Véronique en épi.
 
     
     
     
     
         
 
         
 
         
 
         
 
         
 
         
         
         
   
 
         
      Lichen et mousses      
             
   
Le printemps se faisant désirer, je me suis rabattu sur des végétaux aux propriétés pour le moins surprenantes ! Les mousses et les lichens n’ont ni racines, ni fleurs : comment se nourrissent-ils et comment se reproduisent-ils alors ?
 
             
      Le lichen :      
   

Il résiste aux conditions extrêmes; des tests réalisés en laboratoire montrent qu’il survit de -70°C à +70°C. Il se nourrit des sels minéraux contenu dans l’eau de pluie et réalise la photosynthèse, ses supports naturels sont les sols pauvres, les arbres, les rochers et pierres. Pour notre plus grand désagrément, il investit aussi les murs anciens, les toits, etc… Le lichen est l’association d’un (au moins) champignon et d’une algue: n’ayant pas de fleur, il se reproduit non par graine, mais par spore*(comme les fougères, mousses, champignons). C’est le champignon qui produit les spores. Ces derniers capturent ensuite l’algue et un nouveau lichen naît. Le lichen peut se reproduire autrement: lorsqu’il se dessèche, des fragments se détachent et disséminés par le vent donnent un nouveau lichen à la première pluie.

 
         
 
*Les spores sont des cellules uniques à la différence des graines qui résultent de la fécondation d’un ovule par un grain de pollen. D’autre part la graine a une réserve nutritive qui permet de « démarrer », la spore n’en a pas. Les spores sont disséminées par le vent.
   
 
Le lichen est une source de nourriture pour 7 espèces de papillons et pour 2 espèces de mammifères (rennes et yacks), pour l’homme, il est utilisé en teinturerie et parfumerie ainsi qu’en médecine.
 
   
 
   
   
       
         
             
      La mousse :      
             
   
Les mousses se nourrissent également de sels minéraux contenus dans l’eau, des gaz de l’air, mais aussi de mucus d’animaux ou de leurs excréments. Du point de vue reproduction, la fragmentation et la reproduction sexuée sont les deux modes de multiplication de la mousse. Par rapport au lichen il ya une différence de taille dans la reproduction sexuée. C’est l’eau qui permet aux spermatozoïdes d’atteindre la cellule reproductrice femelle appelée oosphère. Pour la reproduction végétative, trois modes : fragmentation, bourgeonnement et multiplication des propagules (organes de multiplication végétatives spécialisés). Les mousses jouent un rôle important pour les autres plantes : pionnières, elles fournissent l’humus nécessaire aux autres plantes sur les sols hostiles, désertiques, dunaires ou rocheux. En forêt, elles maintiennent l’humidité également nécessaire à toute vie.
 
         
 
   
 
         
 
         
         
 
   
 
 
La nature au fil des saisons