La nature au fil des saisons - AVRIL 2012

       
 
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Les prêles (Equisétacées)    
 
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Le lamier blanc (Lamium album)    
 
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Le lierre terrestre (Glechoma hederacea)    
  La fauvette à tête noire (sylvia atricapilla)    
 
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Le Bruant des Roseaux (Emberiza schoeniclus)    
   
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L’escargot des bois      
   
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Le prédateur de l'escargot : la grive musicienne      
             
 
La nature au fil des saisons      
           
             
      Les prêles (Equisétacées)      
   

Les prêles sont des plantes dépourvues de fleurs et de graines, comme les fougères et les lycopodes. Elles se reproduisent par des spores. Je vous présente aujourd’hui les tiges fertiles qui contiennent ces spores microscopiques, dans ce qui ressemble au sommet des tiges, à un épi. Les tiges fertiles disparaîtront bientôt et laisseront place à des tiges végétatives vertes. Il existe de nombreuses espèces de prêles; le simple examen visuel ne permet pas d’identifier à coup sûr, d’autant que les prêles peuvent s’hybrider. Il faut souvent avoir recours au microscope ou à d’autres moyens scientifiques pour déterminer l’espèce exacte. Les critères d’identification sont le diamètre du creux au milieu de la tige, le nombre de sillons de la tige, le détail des dents des gaines foliaires.

 
       
      La prêle des champs (equisetum arvense)      
   

La prêle des champs est la seule utilisée dans un but alimentaire ou médicinal :
- Les pousses fertiles du printemps se préparent cuites comme des asperges.
- Elle se consomme aussi en infusion ou en poudre.
- C’est une plante riche en silice (10%) et autres minéraux, utilisée comme reminéralisante.
- Elle est interdite à la vente libre en raison des confusions entre espèces; les autres espèces étant toxiques. Toutes les espèces sont toxiques pour le bétail et notamment le cheval. Seuls les pharmaciens et les praticiens peuvent la commercialiser.
- Ses effets sont diurétiques et bénéfiques pour les articulations.
Elle a eu d’autres applications : décapage du cuivre, laiton, métaux précieux et production d’une teinte (jaune). Elle entre aussi dans la composition de crèmes à raser ou de traitement de la peau.

 
       
 
 
 
 
 
             
 
             
      Le lamier blanc (Lamium album)      
   
Labiées
Son nom vernaculaire est « ortie blanche ». En effet sa feuille ressemble à celle des orties vraies, bien qu’elle ne soit en rien urticante. En outre, sa tige quadrangulaire et ses grandes fleurs blanches l’en distinguent. Le lamier blanc est plus grand que le lamier rouge. Il fleurit d’avril à novembre et même jusqu’en décembre lors des automnes aux températures clémentes comme en 2011 par exemple. Les jeunes feuilles sont comestibles en salade ou cuisinées avec des légumes. La plante a aussi des applications en phytothérapie (shampoing&infusions) ainsi qu’en médecine. Dans la région, il existe une troisième espèce : le lamier jaune. Mais on la trouve exclusivement dans les bois.
 
             
 
             
 
             
 
  Le lierre terrestre (Glechoma hederacea)      
   

Labiées
Cette plante vivace se propage en été par sa tige rampante comme celle du lierre qui se propage par sa tige grimpante autour des troncs d’arbres. Elle fleurit de fin mars à début septembre, mais est particulièrement importante en début de printemps. Bien que les sommités feuillues soient pourpres comme le lamier pourpre, la couleur bleu-violet de ses fleurs l’en différencie (rose-pourpre chez le lamier pourpre). D’autre part les feuilles sont arrondies et non pointues. Ces différences se remarquent davantage lorsque les deux plantes sont l’une à côté de l’autre (voir photo). Comme beaucoup de plantes, elle a des applications médicinales, notamment contre la toux, la bronchite et l’asthme. Cette plante mélifère est aussi utile à l’apiculture. Jusqu’à l’utilisation du houblon à partir du XIIIème siècle, d’autres plantes étaient utilisées dans l’élaboration de la bière dont le lierre terrestre.
   
             
 
           
             
 
   
 
      La fauvette à tête noire ( sylvia atricapilla)      
   
Ordre : passeriforme-famille : silviidés
C’est un oiseau des boisements ombragés à sous-bois touffus. Face à la déforestation massive, on la trouve désormais aussi en ville, dans les parcs et jardins à sous-bois fourni. Migratrice à l’est et au nord de notre pays, elle nous revient en avril. Son chant sonore et flûté est l’un des plus beaux chants des oiseaux de notre région (Ecoutez le sur: oiseau.net). Cette fauvette construit son nid dans les buissons ou les haies, la calotte noire du mâle a donné le nom à l’espèce; il existe toutefois un dimorphisme sexuel entre le mâle et la femelle : celle-ci a une calotte brun-roux, tout comme les jeunes (voir photo). En cette période de reproduction, le mâle, bien que furtif, peut être entrevu. La femelle est beaucoup plus discrète et il faut un peu de chance pour la contempler. Son régime alimentaire est essentiellement insectivore au printemps. En été et à l’automne, Il devient progressivement frugivore. Ce sont les baies sauvages qui agrémentent son menu.
 
             
 
             
 
       
 
 
         
             
 
         
   
 
      Le Bruant des Roseaux (Emberiza schoeniclus)      
 
         
    Ordre : Passériformes-Famille : Embérizidés

Le mâle a les mêmes couleurs que le moineau, mais toute la tête est encapuchonnée de noir et un large collier blanc sépare la tête du corps, ce qui le différencie nettement de ce dernier. En outre, il ne vit pas dans le même milieu: son domaine se situe, comme l’indique son nom, dans les roseaux. En l’occurrence à Hinges, dans les phragmites que l’on trouve le long du canal et dans les fossés du Pacault. Très furtif, il s’y cache à la moindre alerte; mais à la période de reproduction, le mâle est moins farouche; on peut alors le voir chanter sur un roseau ou sur un buisson. La femelle n’a pas de noir à la tête. Son gros bec conique indique qu’il a un régime végétarien. Il aime les graines de graminées et il existe dix huit espèces de bruants dans notre ancien monde; six se reproduisent en France dont trois dans le Nord: le bruant jaune (présent toute l’année à Hinges), le bruant des roseaux et le bruant proyer (de plus en plus rare) à la belle saison.

   
 
         
 
             
 
             
 
             
             
             
 
             
             
      Les ESCARGOTS      
             
   
Avril avec un temps de mars et des températures qui ne décollent pas, les insectes sont rares et les hirondelles qui se montrent, repartent car elles n’arrivent pas à se nourrir. Il y en a qui aiment l’eau : les gastéropodes. Après les insectes, ils constituent le plus grand groupe animal avec 40000 espèces répertoriées à travers le monde aussi bien marin que terrestre. 400 en France (beaucoup sont endémiques et rares). Deux sont visibles actuellement à Hinges, pour peu qu’un rayon de soleil réchauffe l’atmosphère.
 
             
 
             
             
      L’escargot des bois ( cepaea nemoralis )      
   
Classe : gastéropodes -Ordre : Stylommatophores -Famille :hélicidés
Le plus souvent on le repère à sa couleur jaune. Mais l’espèce est polymorphe et la couleur peut être aussi rose, brune ou encore blanchâtre. D’autre part, elle peut être unie ou ornée de bandes spiralées sombres dont le nombre varie de 1 à 5. Les combinaisons sont nombreuses et parfois deux bandes se collent pour former une bande plus large. (voir quelques exemples sur l’illustration). Ces bandes rendent les escargots moins visibles pour les prédateurs diurnes tels que les oiseaux (grive musicienne, merle, par exemple). La coquille est constituée de calcaire. La couche extérieure ou cuticule, très fine, joue un rôle protecteur un peu comme un vernis. A la mort de l’animal, elle disparaît peu à peu et il perd ses belles couleurs.
A l’époque préhistorique, au Mésolithique plus précisément, l’homme l’a consommé en grand nombre: on a retrouvé dans une grotte de la région d’Arudy dans les Pyrénées occidentales, des millions de coquilles soudées par la cendre durcie des foyers. L’escargot des jardins (cepaea hortensis) peut être confondu avec l’escargot des bois; pour les distinguer il faut regarder le bord de la coquille: il est noir chez l’escargot des bois et clair chez l’escargot des jardins.
L’escargot petit-gris (helix aspersa)

 
 
             
 
             
 
             
 
             
             
      Classe : gastéropodes -Ordre : Stylommatophores -Famille :hélicidés      
 
Cet escargot est très répandu sur notre territoire; mais pour le voir, il faut savoir que ses mœurs sont plutôt nocturnes. De jour, il ne faut pas que la température descende en dessous de 12°/15° et surtout que les rayons du soleil ne soient pas trop ardents. Lorsque les conditions d’humidité ou de température ne lui conviennent pas, il disparaît dans un abri naturel ou s’enferme dans sa coquille. L’humidité est nécessaire à la fabrication du mucus qui lui permet de se déplacer. Il est capable de cicatriser sa coquille brisée. Sa bave a donné naissance à une crème antirides et hydratante de la peau (en cosmétique). Végétarien, le petit-gris consomme de nombreuses plantes, principalement les orties. Il aime aussi les plantes cultivées, ce qui n’attire pas la sympathie des jardiniers. Par contre, les gastronomes l’apprécient. On peut le ramasser toute l’année pourvu qu’il soit adulte: il est adulte au bout de deux ans et se reconnaît au bourrelet qui borde sa coquille. Par contre il faut faire attention, car peu sensible à la pollution, il avale n’importe quoi, même des substances toxiques pour l’homme. Certaines communes limitent le ramassage (se renseigner). Il fait l’objet d’un élevage pour la consommation, la région championne est la Charente. Il a aussi de nombreux prédateurs: hérisson, musaraigne, rats et oiseaux: grive musicienne, merle et bien d’autres.
 
   
 
   
 
   
           
             
             
      Le prédateur de l'escargot: la grive musicienne      
   
 
   
 
             
 
             
             
 
             
             
 
La nature au fil des saisons